La mortalité des abeilles dans les Pyrénées-Orientales enfin expliqué

Le CNRS de Lyon a rendu ses conclusions après la mort de millions d’abeilles cet hiver dans les ruches des Pyrénées-Orientales, elles meurent intoxiquées par des produits phytosanitaires, et notamment des produits anti-parasitaires utilisés dans l’élevage.

[...] Le collectif des apiculteurs sinistrés des Pyrénées-Orientales a livré les résultats des analyses effectuées sur des abeilles retrouvées mortes l’hiver dernier. Des analyses effectuées par le CNRS de Lyon. Sur 26 échantillons testés, plus de 80 % présentent des traces d’intoxications.

Marc-Edouard Colin, docteur en sciences et chercheur en pathologie de l’abeille a analysé ces résultats : « Les ruches sont fortement dépeuplées, une situation sanitaire catastrophique qui n’ira pas en s’améliorant. Les ruches ne sont pas décimées par une maladie grave, ce sont des symptômes caractéristiques d’une intoxication. On retrouve soit des insecticides, des produits anti-parasitaire pour l’élevage, soit des produits utilisés pour désinsectiser les locaux d’élevage. Donc on peut dire qu’il y a eu dans certains cas contamination par des zones de cultures et dans d’autres cas contaminations par l’élevage. Je suis sûr qu’il y a une solution raisonnable à trouver entre les éleveurs et les apiculteurs pour permettre aux deux professions de cohabiter. »

Jean-Philippe Antoine, porte parole des apiculteurs sinistrés des Pyrénées-Orientales comprend enfin pourquoi toutes ces ruches ont été décimées « Grâce aux résultats des analyses, on apprend qu’on retrouve des traces de produits pesticides dans les ruches, dans les abeilles, dans les cires. Une partie de ces matières actives est utilisée en agriculture, dans l’arboriculture, dans l’élevage, il n’est pas question de montrer du doigt qui que ce soit, mais ces pesticides portent préjudices à l’environnement en général et à nos ruches en particuliers qui sont fragilisées. »

« Les produits anti-parasitaires utilisés dans l’élevage sont montrés du doigt car une grande majorité des ruches qui ont été décimées se trouvent en montagne dans des zones pâturées, donc des zones d’élevage. Nous nous sommes rapprochés des éleveurs, les rapports sont parfois tendus, il y a une prise de conscience, ils savent qu’il y a des molécules qu’ils utilisent qui sont dangereuses y compris pour leurs animaux. il faut trouver des produits de substitution. »

Elisabeth Badinier, France Bleu Roussillon
Mercredi 06 août 2014

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